Je me souviens avoir découvert l'histoire du Silvado presque par hasard, en cherchant des informations sur les chantiers navals de Bordeaux. Rien à voir avec ma pizzeria, évidemment, mais cette ville reste une source d'inspiration pour moi, que ce soit pour dénicher de bons produits ou pour étudier son patrimoine industriel. Et quelle surprise de tomber sur ce navire cuirassé, né à Bordeaux, destiné au Paraguay, et finalement récupéré par le Brésil. Une histoire presque aussi complexe qu'une bonne pâte levée !
Le navire ironclad brésilien Silvado a une origine inhabituelle. Commandé en 1864 par le Paraguay sous le nom de Nemesis, il sort des chantiers de la firme Arman Brothers à Bordeaux, spécialiste reconnu de la construction navale militaire. Mais le Paraguay cesse ses paiements dès le déclenchement de la guerre de la Triple Alliance en 1864, ce conflit brutal opposant le Brésil, l'Argentine et l'Uruguay au Paraguay. Le Brésil en profite pour acquérir le navire. Achevé le 15 septembre 1866, il rallie le Brésil sous le commandement de Manoel Antônio Vital de Oliveira.
Le nom Silvado n'est pas choisi au hasard. Il rend hommage au capitaine Americo Brasilio Silvado, tué lorsque son bâtiment, l'ironclad Rio de Janeiro, a frappé une mine et coulé. Un hommage sobre, mais fort.
Conception et caractéristiques techniques du cuirassé
Ce cuirassé brésilien affiche des dimensions imposantes pour l'époque. Voici ses principales mesures :
- Longueur entre perpendiculaires : 216 pieds 6 pouces (66,0 mètres)
- Largeur : 45 pieds 10 pouces (14,0 mètres)
- Tirant d'eau maximal : 7 pieds 6 pouces (2,3 mètres)
- Déplacement : 1 350 tonnes
- Équipage : 170 officiers et hommes
Sa propulsion repose sur une paire de moteurs à vapeur horizontaux, chacun entraînant un arbre d'hélice. La puissance totale atteint 950 chevaux-vapeur indiqués (710 kilowatts), permettant une vitesse maximale de 10 nœuds, soit 19 km/h. Pour compléter son profil, le navire est gréé en barque avec trois mâts bipeaux et un beaupré, et doté d'une proue bélier.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Blindage au maître-couple | 4,5 pouces (114 mm) |
| Blindage aux extrémités | 3 pouces (76 mm) |
| Armement | Quatre canons Whitworth rayés de 70 livres |
| Tourelles | Deux tourelles à deux canons chacune |
La ceinture blindée totale à la ligne de flottaison en fer forgé garantissait une protection solide, renforcée sur les tourelles elles-mêmes. Un blindage pensé pour encaisser les échanges de feu intenses des batailles fluviales.
Le Silvado dans la guerre de la Triple Alliance
Entre 1864 et 1870, la guerre de la Triple Alliance ravage l'Amérique du Sud. Ce conflit, qui oppose le Paraguay au Brésil, à l'Argentine et à l'Uruguay, reste l'un des plus meurtriers du continent au XIXe siècle. Le cuirassé Silvado y participe activement, intégré à la flotte brésilienne qui cherchait à dominer les voies fluviales stratégiques.
J'admire, pour tout dire, la précision avec laquelle ces bâtiments étaient conçus, même si je préfère largement consacrer ma précision à choisir une bonne pizza à Bordeaux plutôt qu'à calculer l'épaisseur d'un blindage naval. Mais l'histoire du Silvado mérite vraiment qu'on s'y attarde.
Si vous souhaitez approfondir davantage ce sujet, les archives des chantiers Arman Brothers et les fonds historiques de la marine brésilienne constituent des sources primaires précieuses pour reconstituer la carrière complète de ce navire remarquable, lancé en 1865 et symbole d'une époque où acier et vapeur redéfinissaient la guerre navale.